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En vous promenant dans n'importe quel marché traditionnel coréen, quelque part entre l'étal de poulet frit et le chariot de tteokbokki, vous sentirez une odeur terreuse, savoureuse et indéniablement vivante. Cette odeur est celle du beondegi (번데기), des pupes de vers à soie bouillies ou cuites à la vapeur, servies dans de petits gobelets en papier avec un cure-dent. C'est l'une des collations les plus distinctives (et les plus controversées) de Corée, consommée par les Coréens depuis des générations et redoutée par la plupart des visiteurs internationaux. La saveur, la texture et le poids culturel du beondegi en font un aliment qui vaut la peine d'être compris, même si vous ne comptez jamais l'essayer.
Ce guide explore tout ce qu'il faut savoir sur le beondegi coréen : ce qu'il est réellement, comment il est devenu une partie de la cuisine coréenne, son goût, les versions en conserve et de rue, et la façon dont les visiteurs réagissent habituellement à leur première bouchée.
Qu'est-ce que le Beondegi ?
Le beondegi est une collation coréenne faite à partir des pupes (stade chrysalide) du ver à soie. Les pupes sont récoltées comme sous-produit de l'industrie de la soie coréenne, puis bouillies ou cuites à la vapeur dans un bouillon assaisonné et servies dans de petits gobelets en papier, des gobelets en plastique ou des canettes. Le beondegi cuit a une couleur marron châtaigne, une enveloppe extérieure légèrement moelleuse et un intérieur plus tendre riche en protéines avec une saveur qui se situe entre terreux, noisette et légèrement poissonneux.
Le nom lui-même signifie littéralement « pupe » ou « chrysalide », et les Coréens mangent du beondegi depuis au moins le début du XXe siècle. Aujourd'hui, le beondegi est vendu par des vendeurs de rue sur les marchés, dans les stades de baseball et les parcs d'attractions, emballé dans des canettes de supérette, et occasionnellement cuisiné dans une soupe salée appelée beondegi-tang. La collation est également riche en protéines, faible en matières grasses et étonnamment nutritive selon les normes traditionnelles coréennes.
L'histoire du Beondegi en Corée
Le beondegi est devenu populaire en Corée pendant et après la période coloniale japonaise (de 1910 à 1945), lorsque les élevages de vers à soie coréens produisaient d'énormes quantités de soie et que les pupes restantes constituaient une nourriture bon marché et riche en protéines pour les Coréens de la classe ouvrière. La popularité de cette collation a augmenté pendant la guerre de Corée et les années d'après-guerre, lorsque les pénuries alimentaires rendaient toute protéine peu coûteuse précieuse.
Dans les années 1970 et 1980, le beondegi était devenu un incontournable des marchés coréens, des zones scolaires et des parcs d'attractions. De nombreux Coréens plus âgés associent l'odeur du beondegi aux souvenirs d'enfance de collations après l'école ou de visites à Lotte World. Les jeunes générations coréennes sont plus polarisées : certains l'adoptent comme un héritage culturel, d'autres l'évitent complètement, le considérant comme démodé ou peu appétissant.
Quel est le goût du Beondegi ?
La réponse honnête est que le beondegi a un goût unique, sans équivalent dans la cuisine occidentale. Les comparaisons les plus fréquentes que les critiques ont tendance à faire sont avec les châtaignes grillées (pour le côté terreux), les cacahuètes bouillies (pour la texture) ou les sardines (pour le léger goût de poisson salé). La coquille extérieure éclate légèrement quand on la mord, et l'intérieur a une texture douce, presque crémeuse.
L'assaisonnement coréen se compose principalement de sauce soja, de sel et d'une petite quantité de MSG, ce qui donne au bouillon une base savoureuse. Certains vendeurs de rue ajoutent une touche de piment rouge, de gingembre ou d'ail à l'eau bouillante pour une saveur plus complexe. Le beondegi est destiné à être mangé chaud, prélevé du gobelet un à la fois avec un cure-dent.
Beondegi en conserve : la version de l'épicerie
Pour le cuisinier amateur, le beondegi est également vendu en conserve dans les épiceries coréennes. Les marques les plus courantes sont Beondegi by Beksul ou Dadam Foods, avec des pupes pré-assaisonnées dans un bouillon de soja et prêtes à être chauffées. La version en conserve a une durée de conservation plus longue et une texture légèrement plus douce que la version fraîche de rue, mais la saveur est à peu près similaire.
Le beondegi en conserve est très apprécié des adultes coréens plus âgés qui l'apprécient comme petit accompagnement protéiné avec du riz ou comme collation à la bière. C'est également un plat courant à boire en Corée (anju) dans les vieilles tentes pojangmacha et les bars de quartier, où la saveur salée et légèrement bizarre se marie naturellement avec la bière fraîche ou le soju.
Comment réagissent réellement les novices
Les réactions au beondegi varient considérablement. Les adultes coréens qui ont grandi avec lui le décrivent généralement comme nostalgique et réconfortant. Les visiteurs internationaux se répartissent généralement en trois catégories : l'acceptation surprise (« pas aussi mauvais que je m'y attendais »), le refus poli (« j'en ai essayé un, c'était suffisant »), ou l'enthousiasme sincère (« je comprends pourquoi les gens aiment ça »).
Les plaintes les plus courantes des débutants concernent l'odeur (terreuse, intense) et la texture (la coquille qui éclate). Les éloges les plus fréquents portent sur la profondeur umami et la saveur surprenante une fois la barrière visuelle franchie. Le beondegi est véritablement un marqueur culturel : les Coréens qui présentent le beondegi à des amis non-Coréens le considèrent souvent comme une sorte de test de seuil culturel.
Devriez-vous essayer le Beondegi ?
Si vous visitez la Corée et que vous êtes curieux, oui. La collation est inoffensive, traditionnelle et peu coûteuse (généralement 1 000 à 2 000 wons par tasse sur les marchés de rue). La meilleure façon d'essayer le beondegi pour la première fois est dans un marché traditionnel coréen comme Gwangjang ou Namdaemun, où les vendeurs sont sympathiques et le format en petit gobelet en papier en fait une expérience peu engageante.
Évitez la version en conserve pour votre première tentative. La version du marché de rue est plus fraîche, plus chaude et nettement plus savoureuse, et l'essayer dans le cadre culturel auquel elle appartient fait partie de l'expérience. Si vous n'aimez pas à la première bouchée, c'est aussi un résultat valide : beaucoup de Coréens ne mangent pas non plus de beondegi. L'important est le moment culturel plus que la collation elle-même.
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